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Archéologie des Parques n°5

David Noir - Les Parques d'attraction - carton Portfolio 5

David Noir - Les Parques d'attraction - carton Portfolio 5

Dernière et 5ème ère des Parques d’attraction

Photos par Karine Lhémon

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3 réponses
  1. VIP
    VIP dit :

    Interview :

    Monsieur Noir.
    Au visionnage de ces séquences, on ne peut que constater la richesse de ce qui s’est passé aux Parques et nous savons que ce n’est qu’un prélèvement sur la multitude des micro-événements qui s’y sont déroulés. Cet échantillonnage a été magnifié par le regard de Karine Lhémon, merci à elle pour ce joli retour.

    Il semblerait que ces jours et ces nuits aient été teintées de la couleur que vous espériez, ce n’est vraisemblablement pas le fruit du hasard. On mesure le cheminement entre les Parques 2011 et 2013.

    Quelle satisfaction en tirez-vous ?
    Avez-vous des regrets ? Oh, vous n’êtes pas obligé de répondre à cette question.
    Arrivez-vous d’ores et déjà à vous projeter dans un avenir scénique ? Envisagez-vous une suite, une variante aux Parques ou toute autre chose ?

    Merci pour vos réponses qui intéresseront un public partenaire encore tout esbaudi et curieux de la suite.

    Apprenti journaliste au Very Important Person Tribune

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    • David Noir
      David Noir dit :

      Je réponds toujours avec plaisir aux questions enfiévrées de la presse du Very Important Person Tribune.

      J’ai effectivement moi aussi, beaucoup de satisfaction à voir ces images, même si j’ai besoin maintenant de les oublier un peu et les laisser découvrir à d’autres avant d’y revenir pour mieux les « comprendre ». Je travaille, progresse, toujours ainsi ; que ce soit vis-à-vis de mes notes, textes, idées ou même, projets dans leur entier. Il m’est nécessaire de « réaliser » ce qui s’est passé effectivement durant ces performances du point de vue des participant/es, de ma propre responsabilité et du hasard qui reste un allié important même si nous ne lui devons pas tout. Pour ce faire, je prends donc actuellement progressivement un peu de distance pour laisser s’éloigner ces images dans un léger brouillard et qu’elles se combinent ainsi à mes propres souvenirs comme lors d’une réaction chimique. « It‘s alive ! » pourrai-je crier dans quelques temps, car il y a toujours une vie après la vie dans une création. Ce sera la naissance d’une nouvelle espèce ou famille de formes ; en tous cas je l’espère. Je n’ai pas de regrets car j’essaie en définitive de toujours aimer ce qui a été, plutôt que ce que j’aurais pu souhaiter. Mon seul regret anticipé serait de ne pas pouvoir poursuivre, mais quand ce jour là arrivera, heureusement, je ne serai justement plus là pour pouvoir le regretter. Comme quoi, c’est bien fait. Si je n’ai aucun regret, j’ai par contre des enseignements à tirer comme de n’importe qu’elle expérience, afin d’affiner la trajectoire des objets qui m’intéressent. Je ne sais pas encore pour l’instant de quoi ils seront fait dans un avenir que j’espère proche, mais je m’y remets doucement ou plutôt, leurs silhouettes se dessinent et me rattrapent dans ma course à vouloir les chercher ou les fuir, selon les jours et les nuits. Comme à l’accoutumée, je revisite mes notes récentes et plus anciennes, souvent accumulées compulsivement durant la création d’un projet et dont elles sont le carburant momentané. Ainsi je trie et jette beaucoup, par grands sacs-poubelle compacts remplis de papiers noircis de mots oubliés ou obsolètes, après les avoir relus ; ce qui me ravit beaucoup. Je m’allège en même temps que j’amasse l’humus et les éléments résiduels de nouvelles substances. Tout ceci s’incorpore à ma vie ou l’inverse et influe sur mes comportements et orientations de pensée. Cette mouvance interne me fait ressentir à nouveau en vie, ce qui est certainement ma première satisfaction car il ne faut pas se cacher que l’épuisement des forces qu’imprime un spectacle, mène aussi au morbide. La principale donnée qui me reste à l’esprit depuis « Les Parques » est mon plaisir à jouer « seul » au milieu des autres et l’autonomie du public à se débrouiller très bien tout seul, quels que soient ses choix d’agir ou non selon ses orientations, sa sensibilité et ses vues. Ceci ne me conduit pas forcément à persévérer en droite ligne dans le sens de l’invitation à participer qui était celle des Parques, mais me pousse à réfléchir sur la posture de « partenaires » à proposer aux spectateurs pour que coexistent leurs identités et la mienne ou celles des interprètes, sans qu’ils/elles se rassoient à nouveaux sur leurs sièges. Je ne cherche pas ainsi la forme pour la forme, mais à créer une communication autre que la contemplation religieuse systématique choisie ou subie ; plutôt une coexistence en parallèle les un/es de autres, avec quelques moments de croisement, ce qui est pour moi, un peu un modèle de vie. Je crois que le regard sur l’art est devenu le même au fil des siècle que celui porté sur les dirigeants et le pouvoir : on admire ou on critique mais on n’y change finalement pas grand-chose. Cela reste une constatation commentée. Pareillement dans la « vraie vie », pour que des conséquences tangibles adviennent de la rencontre de puissances de diverses natures qui choisissent de ne plus se renier elles-mêmes sous couvert de ce qu’on appelle le « consensus », il faut pour l’heure encore, en arriver à des effusions de sang. Je me dis qu’il y a peut-être d’autres moyens à inventer pour que des désirs et des forces en présences « s’entendent » sans forcément se diriger vers cet arrangement faible, censé convenir à tout le monde, mais qui équivaut en général à la soumission du désir réel de l’une des deux parties. Je me demande simplement dès lors, si la vie en société est obligatoirement cette chose un peu fade ou très contraignante ; s’il n’existe pas des mondes parallèles ou peuvent se faire jour des « doubles de soi », plus intelligents, plus créatifs et surtout ne raisonnant pas ni ne percevant les choses avec nos éternelles et usantes habitudes de « mal » faire. Je crois tout simplement que la catharsis est devenue aujourd’hui un modèle non fonctionnel et qu’il faut trouver autre chose de plus « goûteux » pour représenter, incarner et sublimer les pulsions humaines sans endommager leur essence. C’est une des raisons pour lesquelles je ne peux plus m’intéresser aux histoires.

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