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Des collages immédiats

David Noir - SCRAP - Le Générateur - mai 2014 - Photo Karine Lhémon
David Noir - SCRAP - Le Générateur - mai 2014 - Photo Karine Lhémon

David Noir – SCRAP – Le Générateur – mai 2014 – Photo Karine Lhémon

Je vais dans le sens où rien n’a de sens

Dans le sens où « vouloir dire » me semble la chose la plus insignifiante qui soit

Dans le sens où ne se trouve de sens qu’une fois dépassé le désir d’en donner

Nous avons bâti un monde de goûts et de couleurs, d’opinions et de points de vue. Nous en sommes parfois fiers. Personnellement, je ne tiens aucune de nos supposées qualités d’appréciation comme des valeurs réellement profondes. Elles me semblent plutôt être les symptômes de la panique de nos cerveaux soucieux de se trouver des reflets, en proie à l’incapacité de répondre à l’apparente incohérence des images qu’ils ne cessent de tricoter de nuit comme de jour à partir d’un fatras de perceptions accumulées depuis l’enfance.

La machine semble toujours prête à s’emballer et nous nous savons intimement guidés par un pilote aveugle. Lire la suite

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Le gai bavoir

David Noir - 3 croix sans nom sans visage
David Noir - 3 croix sans nom sans visage

trois croix sans nom sans visage

trois croix sans nom sans visage

Ce post est le premier d'une série intitulée 3 croix sans nom sans visage,
elle même prenant place dans un ensemble appelé "Livre tout"

chapitre 1 – Livraison gratuite

Ici ce n’est pas la démocratie

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La peau sur les zoos

David Noir - La peau sur les zoos - Photo Karine Lhémon
David Noir - La peau sur les zoos - Photo Karine Lhémon

David Noir – La peau sur les zoos – Photo Karine Lhémon

Performance

Du traitement de la nature qui l’environne à lui-même, l’homme en a trophée

Une proposition de David Noir à l’occasion de La Nuit des Musées

le 20 mai 2017 au Musée de la chasse et de la nature

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Entre !

David Noir - Homme fantôme
David Noir - Individu fantôme

Individu fantôme

Nous vivons ici.

Ici, l’Image de Soi est la base de tout.

La base de tout ce qui fait notre monde social. C’est le socle. Lire la suite

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Ma pomme

David Noir - Concept Pomme Vulve - Double pénis
David Noir - Concept Pomme Vulve - Double pénis

Pomme vulve à double pénis

« Roi par les prénoms; Guerrier sur un plateau ; Poète un peu chaque jour.

Noir, anar esclave et nègre marron, tentant encore la fuite. Bi, même gai quand j’y arrive … » Lire la suite

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Aller plus loin ?

David Noir - Votre enfant n'a qu'un oeil
David Noir - Votre enfant n'a qu'un oeil - Le Générateur - [ FRASQ ] # 8

Votre enfant n’a qu’un oeil

Ultra-violence artistique

poétique et sociale !

Violence, violence ! Youpi !

Je bondissais dans ma chambre avec le bonheur unique de tabasser tout le monde comme Alex dans « Orange mécanique » au son de « La pie voleuse » de Rossini et de la 9ème du merveilleux Ludwig Van.

Archi-puissance de la théâtralité enfantine !  Lire la suite

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Les combattants de la fuite

(De) L'Avis des animaux - David Noir - Le Générateur - Projet 2016-2017
(David Noir - (De) L'Avis des animaux - Le Générateur - Projet

De l’avis des animaux

En majorité nous sommes des proies et nous aimerions bien nous passer des prédateurs.

Parfois les gnous s’emballent et piétinent les crocodiles qui les attendent au détour d’un lacet de la rivière, mais ce n’est pas là leur véritable nature. Ils n’y dérogent que grâce à la panique qui les saisit. Lire la suite

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Infirmités

David Noir - Marionnette

Moi je … construis ma marionnette

Je…

David Noir - Marionnette

Moi je construis des marionnettes …

… ne vois rien d’autre de possible que de se cantonner au « je ». Parce que l’autre n’est pas moi. Parce que l’autre porte en lui une part insupportable qui n’est pas moi, mais le serait tout autant si elle était moi. Car il y a autant d’insurmontable à me supporter moi-même que cet autre qui n’est pas moi. Lire la suite

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La revue BANCAL

par Mathieu Huot

« Bonjour tristesse »

La revue BANCAL

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Parfois j’ai l’impression, rare et précieuse, d’assister à une révolution par le biais de l’art. David Noir est certainement de ceux qui la rendent possible.

 

Dans Les camps de l’Amor, le spectateur entre dans un espace bordé d’immenses rideaux d’aluminium qui bruissent sous une lumière froide. Pendant 2h30, David Noir enchaîne les propositions,  costumes, textes, chansons, blagues, adresses au public, comme un gamin dans un terrain de jeu, dans un apparent chaos où rien n’est là par hasard. Il parodie une conférence sur Hannah Arendt, fait lire une myriade de textes roulés en Tables de la Loi au public, massacre des chansons d’amour, joue avec des faux-culs, des perruques, nous fait dégonfler un charnier de poupées gonflables…

Un spectateur, visiblement heureux d’être là, se met aussi nu que David Noir et écoute, paisiblement, son ventre et ses replis simplement exposés aux yeux de tous. Tapi derrière une des parois, son musicien Christophe Imbs improvise aux claviers et boîtes électroniques – une musique continue, têtue, qui n’écoute rien qu’elle-même, instaurant d’emblée, une forme de confusion, de saturation, et qui raconte, au fond, la difficulté de prendre l’autre en charge.

Ce que la civilité souhaite, l’animalité l’encule.

La pensée, aussi audacieuse que la forme, fait feu de tout bois : pour en finir avec l’obligation totalitaire d’aimer, préférons-lui plutôt l’estime. L’analogie entre les camps de la mort et le totalitarisme amoureux prend peu à peu tout son sens, avec une finesse étonnante. Aucune leçon donnée ici, simplement le portrait humble d’un homme qui essaie, envers et contre tout, de ne pas craquer, de ne pas hurler de dégoût face à toutes les manipulations au nom de l’amour, face à la négation de l’individu dans sa différence. Quelqu’un qui s’efforce de ne pas perdre son estime de soi et des autres.

C’est apparemment ludique, léger, joyeux – et pourtant  on ressent  une violence, une tristesse infinie, avec tact, bienveillance et douceur. Du potache à la tragédie, il n’y a qu’un pas, et David Noir, subtil équilibriste, reste sur ce paradoxe sans jamais le résoudre à notre place. Dans cette espace, le spectateur est laissé libre de déambuler, sortir, revenir, et accorder son attention et son temps à qui il veut : vidéo, jeu, musique, scénographie, textes abandonnés çà et là. Il est acteur autant que les performeurs, complète le tableau sans s’en rendre compte, où qu’il soit, et se raconte sa propre histoire, suit ses propres pensées et rêveries sans qu’on lui dise jamais quoi regarder ou écouter ni comment il doit le prendre.

 Se raconter des histoires, c’est mort !

Rarement spectacle aura autant fait confiance au spectateur. Tant dans sa capacité à recevoir, ressentir, que dans sa capacité à comprendre, et à agir, en toute responsabilité. Voilà deux ans que j’ai découvert le travail de David Noir. Je n’étais pas sûr au départ d’aimer, mais j’étais sûr d’une chose : rarement représentation m’avait autant questionné. Et effectivement, depuis deux ans, son travail m’habite, me taraude, me pousse dans mes retranchements et m’oblige à ne rien prendre pour acquis. Plus j’y retourne, d’une performance à l’autre, plus j’y vois un espace où se ressourcer dans l’année.

Depuis plusieurs années, l’équipe du Générateur l’accueille et le soutient activement. Cette année, vous venez de le rater, mais bonne nouvelle : en plus des 5 dates qui viennent de s’y achever, la nouvelle performance Les camps de l’Amor sera reprise à Anis Gras du 3 au 7 mars à 19h30.

Courez-y. Courez donc voir ce qui fut et reste pour moi, réellement, une bombe à retardements, un retournement intérieur. Je crois qu’il se passe là quelque chose d’important – artistiquement, dans la forme, dans la pensée, dans l’acte, bref, humainement.

Mathieu Huot, membre du collectif Open Source

Les camps de l’Amor, du 3 au 7 mars à Anis Gras (Arcueil), conception et jeu de David Noir, musique de Christophe Imbs

David Noir, http://davidnoir.com

Le Générateur, lieux d’art et de performance, http://legenerateur.com

Anis Gras, le lieu de l’autre, http://www.lelieudelautre.com

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Marie-Gabrielle Duc

par Marie-Gabrielle Duc

« Factorielle Noir »

Marie-Gabrielle Duc – Croquis de rencontres

Factorielle Noir

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David Noir est un casseur de codes, une sorte de hacker dont nous serions à la fois les victimes et les bénéficiaires. Sa cible : notre système d’exploitation et les données que 40.000 ans de langage articulé ont inscrits dans nos mémoires cachées. 40.000 ans, ce n’est pas rien. Les informations rangées en couches superposées ont formé un vernis d’une épaisseur considérable dont chacun est à même de surprendre parfois l’éclat, l’extraordinaire résistance et la totale imperméabilité, permettant à l’homme de se sentir protéger des principales menaces connues, sauf peut-être celle de l’asphyxie ou pire du désespoir. Vu cette affection que nous avons pour nos chers poncifs, le code qui les protège est en conséquence extrêmement sophistiqué, complexe et vertigineusement astronomique.

Aussi, pour le casser, David Noir construit depuis plusieurs années un dispositif humblement extravagant et volontairement exhaustif, ce que l’on pourrait approcher par le terme de Factorielle Noire et que les mathématiciens écrivent « Noir ! ». Cette Factorielle Noir combine un nombre important de mots, phrases, aphorismes, photos, vidéos, chansons, improvisations de piano et de guitare électrique, bandes son, poupées gonflables, bassines et autres objets dont l’agencement change en fonction des angles d’attaque, dans un roulement systématique et faussement languide. Pour SCRAP, donné au Générateur de Gentilly les 5,6 et 7 mai, la cible, c’est le féminin ou ce qu’il en reste, un éternel mité, après sédimentation en vrac d’Edith Piaf, de l’excision, du tampon hygiénique, de la poupée gonflable, de la mère-araignée de Louise Bourgeois, du Prix Fémina et de la bouche de métro sous la jupe de Marilyn, entre autres. « Noir ! » tourne, fissurant progressivement les carcans pour mieux les retourner, exposant les faces internes de la pensée à l’air libre. Authentique jubilation ! Une sorte d’opéra-garage, au sens noble du mot garage, de ces garages fabuleux des Steve Jobs, Bill Gates, Paul Allen, Larry Page ou Sergueï Brin, ou encore Jimmy Page et Robert Plant, enfin presque, car pour Jimmy c’est dans le salon familial et non dans le garage que le miracle de Led Zeppelin a commencé.

Avis aux amateurs ! David Noir est en train de créer quelque chose d’important, comme une antimatière culturelle qui aurait la grâce de ne produire aucune nouvelle paterne (2), qui nous laisserait absolument libres d’appréhender le monde, vierges et crus, comme le début d’une autre histoire.

David Noir et le Générateur de Gentilly se sont rencontrés en 2011. Après La Toison Dort en 2012 et Les Parques d’attraction en 2013, deux performances déjà très réjouissantes, il nous propose cette saison Scrap étape 1, le féminin dans tous ses états. Le 31 mai, dans le cadre de Frasq, rencontre annuelle dédiée à l’art-performance et initiée par le Générateur, il proposera « DÉFENSE DU MASQUE HULIN » à la Galerie Nivet-Carzon 2, rue Geoffroy l’Angevin-75004 PARIS. Suivez-le sur son site http://www.davidnoir.com et sur les réseaux sociaux Twitter @DAVNOIR, et Facebook DavidNoirProductions. Mais surtout, participez à ses performances. Il va vous faire craquer!

Pour Scrap, David Noir (mise en œuvre, textes, mixages sonores, vidéos, interprétation) est accompagné de Christophe Imbs (création musicale live improvisée), de Guillaume Junot (création vidéo live, régie son) et Jérôme Allart (création lumière, régie lumière).

Voir aussi http://www.legenerateur.com et http://www.frasq.com

(1) Crédit photo D. Noir et K. Lhémon. Conception graphique B. Brendgen.

(2) nom féminin désignant l’image de Dieu le Père dont le sens disparaît au XIVe siècle et qui, brusquement, redevient utile.

Marie-Gabrielle Duc

 

Article en ligne sur le blog de Marie-Gabrielle Duc, Croquis de rencontres :

https://mariegabrielleduc.wordpress.com/2014/05/08/factorielle-noir/

A propos du blog de Marie-Gabrielle

Cet espace « dédié à l’énergie artistique », selon ses propres termes, qu’est le blog de Marie-Gabrielle, écrivain et par ailleurs « fidèle » du Générateur, est un endroit du Web où se porte un regard attentif sur la création contemporaine. Ses articles sont des comptes-rendus subtils sur des évènements artistiques actuels (arts vivants, expositions …). Son esprit d’analyse et sa passion intelligente font de son blog un point de vue sensible pour qui s’intéresse aux perceptions du monde à travers l’art vivant. Je vous invite à en feuilleter quelques pages au hasard, vous n’y risquez que l’opportunité de vous enrichir de nouveaux appétits.

 DN