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Journal des Parques J-28

David Noir - Bouche et torse
David Noir - Bouche et torse

David Noir – Bouche et torse – Fragment – Autoportrait

PARQUES – MODE D’EMPLOI – partie 2

Ce que je cherche, la vraie énergie des choses ; elle en moi ; pas ailleurs. Ça commence ici.

Un paragraphe d’introduction au projet « La Toison dort », rédigé pour le programme de ma première date de création solo de JaZon à La Guillotine et daté du 22 mai 2007, commençait ainsi :

Ça commence par un homme seul, préparé depuis l’enfance à la conquête du pouvoir et marchant à la rencontre du « plus grand nombre ». On l’appellera Jason. S’ouvre ainsi l’ère de la lâcheté des hommes face à la détermination d’un seul.

Ce qui importe aujourd’hui, au J-28 de cette quête, c’est ce que je ressens là. Ce n’est pas une exaltation éphémère. Ce n’est pas une exaltation du tout. Ce n’est pas lié au passé. Ce n’est pas une projection dans l’avenir. C’est une somme de décisions aussi mûrement réfléchies que j’en suis capable et finalement prises. Enfin, écrire me sert à quelque chose.

Décisions prises ; réponses en partie trouvées sur la place « d’être ». En partie seulement, car dans cette affaire, il faudra que vous soyez là et elles/eux aussi, mes partenaires. Moi je serai en face, ailleurs ; en tous cas, pas mêlé. Pas emmêlé. Juste à ma place, à distance pour bien opérer. Je suis loin d’être un être distant, mais c’est là que je suis, à distance car c’est là qu’on m’a mis et je n’ai finalement pas le choix d’autre chose. Alors, inutile de s’épuiser à agiter les bras en moulinets de panique comme le petit bonhomme perdu et effrayé de mon blason. Cette place, je la tiens désormais. C’est une place forte, comme on le dit d’un endroit stratégique et bien défendu.

Un des objectifs est accompli. Je suis maître de ma vie. Seul. Seul maître à bord de ma vie.

Débarrassé des odeurs du passé, de pépé et du théâtre d’avant-garde …   Les 100 ciels d’un monde vivable 1

Quoiqu’il m’en ait coûté, c’est ce qu’il fallait faire. Les derniers efforts sont en vue, comme les rivages dentelés d’un Eldo-radeau qui ne serait rien d’autre que la vie dans soi, pour soi et non plus pour les autres. J’y perds mes derniers ducats dans les ultimes coups de rames qui amènent ma chaloupe à en accoster la rive et finalement me permettent d’y poser le pied.

Fin de ma vie, fin d’une vie. Et aussi ça. J’adore.  

OR DONNÉ - Les Parques d’attraction – La foire aux consciences  (sur le site textes.davidnoir.net)

 David Noir - Gland de face

2 phases pour le deuxième groupe de dates

21 avril : LES CENT CIELS D’UN MONDE VIVABLE 1

J’ai indiqué sur le site:

Jeu de l’oie – Pont, puits, prison  
pseudo solo par David Noir & Co
Tout seul ou presque, je respire au creux de mes limbes, libre de tout face à face. Regarde-moi de loin ou suis-moi si tu veux. 
 

Poursuite, suite et fin et de la quête de mon individualité.

Condamné aux dépens ? S’en fout la mort ! Enfin jeté de son propre chef dans le cachot du bien être d’être soi. Que demander d’autre pour se sentir disponible à la vie ?

Dans l’expérience, je suis mon propre cobaye. Libre à toi d’y choisir une place similaire. Toutes sont envisageables. Déesse aztèque ou animal de laboratoire, mon existence sera celle que je m’offrirai à l’exclusion de tout regard extérieur. Juché dans ma navette, calfeutré dans mon terrier d’or … toutes les capsules me conviennent dés lors que j’échappe à ton jugement. Je ne me représente plus pour toi.

Le piano est une tour de contrôle avec tous les instruments de bord qui s’y rattachent, de près, de loin. Christophe fait le lien, empêche que ça chavire, guide la manœuvre, évite ou fonce dans l’incohérence des récifs. Moi je suis sur mon île. Robinson n’appelle pas à l’aide ; ne demande pas à être sauvé ; bien heureux, il l’est déjà, ainsi libéré des autres, de leurs mondes, de leurs règles et de leurs lois. Mieux vaut vivre libre au zoo, à la vue de toutes et tous, avec la mince épaisseur de la vitre, du barreau, parfois la largeur du fossé, qui nous sépare, que dans une liberté de pacotille.

Enfermement volontaire, constitué prisonnier ; j’ai mon passe, j’ai mon double et toutes les nuits, je sors. On échappe royalement à vos jugements, confiné dans l’abri de soi. Car pour ce qui en est du jugement, il est sans appel et depuis longtemps prononcé. Qu’y répondre ? Rien, sinon rigoler sous cape de la bêtise des juges et de la lâcheté des témoins. Je suis content ; mon corps se relaxe ; mes muscles se détendent à la pensée de l’horizon prometteur de jouir de ma vérité sans en rendre nul compte à personne. Seuls les vrais prisonniers/ères ont droit de me rejoindre ! Seul/es les fous/folles qui ne transigent pas. Il suffit de gravir les marches et les échelons jusqu’au sommet du rocher des singes, pyramide et mastaba. Avons-nous des trésors secrets à échanger ? Nous serons nos Monte Cristo/abbé Faria mutuels. Viens, je t’invite dans mon château d’If you please.

Pour financer ma vengeance, comme le ferait un Edmond Dantès, je me contenterai peut-être des fruits de la quête, car nous avons chacun les nôtres, opérée par des guerriers Amish- chemin entre vous et moi. Tournicotant comme les Zébulons d’un kiosque à musique, astres changeants au gré des révolutions, voilà bien les acteurs. Les voici qui chantent, haranguent et agitent leurs clochettes comme une armée, bien polie, qui salue au passage. Leur allure empatho-sympathique pousse à rejoindre leurs rangs joyeux, mais méfiance : Le Nouveau Testicule, évangile chantant les louanges d’une gonade sacrée, est leur missel abritant quelques sentences à la Mein Camphre. Entre eux et moi, faites votre choix. Les jeux sont faits ; rien ne va plus. Plus rien.

Le religieux prend le pas ; la fête a changé de teneur et de coloris. En tous les cas, pour cette journée de dimanche où nos Parques paraissent bien avoir été vidées de leur attraction première. C’est jour off pour la mouvance des corps. Les familles sont revenues en force. Dommage, mes montagnes russes n’offrent à chacun/e qu’une place individuelle.

Il faudra revenir lundi pour se replonger dans le sauna bouillant des corps s’ouvrant, courant après d’autres solitudes errantes.

Pour l’heure, il faut se contenter des tournages (Comment participer ?). Rapides, vifs, culottés ou l’inverse, ils sont les seuls de mes manèges à être en fonction aujourd’hui. Allez-y, prenez vos billets, c’est gratuit pour les hardi/es volontaires. Enclenchez les sécurités et c’est parti pour un tour. On y va, on y va.

Attrapez la queue du Mickey !

(à suivre … ) 

 
2 réponses
  1. Rém Vach
    Rém Vach dit :

    Comme j’aurais aimé participer à ce moment de vérité. J’aurais saisi l’occasion d’y trouver la mienne, un peu égoïstement je l’avoue.
    En fait, j’ai l’impression que tu met en place un évènement qui te fait te découvrir toi-même en utilisant des cobayes qui t’accompagneront dans cette aventure.
    Les voyeurs, exhibitionnistes et les méditatifs auront passé un bon moment.
    Ceux qui seront dans l’action risquent de découvrir un monde, « LEUR » monde perdue qu’ils recherchent depuis qu’ils sont conscient d’être.
    Certains seront là parce que tu représentes un espèce de « Gourou », un fou qui leur indique la voie.
    À ceux-là, fais leur un lavage de cerveau, ils pourraient devenir des pantins avec lesquels il pourrait être agréable de s’amuser, de passer du bon temps.
    À coup sur, j’ai besoin de toi comme humain comme tu as besoin de moi pour la même raison,
    cette accompagnement mutuelle est la plus belle partie de ton offre.
    Je souhaite que ton aventure se fasse dans la plus grande nudité possible, sinon, ça n’est que du théâtre réservé à un public pseudo-intellectuel.
    Je comprend bien que tu souhaite un lieu de création qui j’espère va mener à la découverte de soi et répondre aux questions, « pourquoi suis-je? et que faire avec ce que je suis? »
    Du fond de ma campagne, je serai avec vous tous en pensée.

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    • David Noir
      David Noir dit :

      En effet, tu as raison. J’ai toujours utilisé la création pour aller vers moi; à ma rencontre. La scène avec tout son factice est un bon lieu pour ça; pour y faire surgir un peu de vérité du décor et des artifices. Le deal est clair. Y prendre un rôle, c’est s’enrôler;comme un équipage sur un navire. Moi je donne le cap en bon capitaine, pour aller quêter le trésor; mais il est clair que chacun/e en s’embarquant va y chercher le sien; sa part du butin. J’aime ces enjeux et cette ambiance. « Deux ans de vacances » en l’espace de quelques jours. C’est à la fois une entreprise ultra égoïste et tout l’inverse. Car on ne peut que bénéficier de nos avancements mutuels. C’est en tous cas ce que je veux croire même si nous savons qu’il y a beaucoup de revers aux découvertes. Je me plais à imaginer ça comme une expédition scientifique du 19ème siècle dans le grand Nord, qui serait menée par des pirates ou des corsaires. Le syndrome de Peter Pan pour de vrai. Merci de confier que tu aurais aimé en être. Bienvenue à bord!

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