Défense du masque Ulin

Défense du masque Ulin - David Noir
Défense du masque Ulin - Performance - David Noir - #frasq Galerie Nivet-Carzon - 31 mai 2014

Entendez la voix du monstre :

#frasq

Mesdames, Messieurs, suite à un mouvement de grève d’une certaine catégorie d’un genre personnel, nous ne sommes pas en mesure de vous présenter le programme prévu.

Veuillez nous excuser pour le gène occasionné.

 

Comme les enfants morts nés d’une poche trop serrée

Comme les chats sans regard sous un plastique noué

Comme le papier se gaufre

Comme l’éléphant se vautre

Dans tabou redouté

 

Je ne suis pas la monstruosité annoncée

Je suis un homme

Garçon

Je suis un être humain

 

Je ne fais pas trop de chichis, de manières de mon corps exquis,

De pas maint’nant, de je t’en prie

 

Tu vois là, à présent, je suis plus belle que toi.

Je me sens étranglement bien,

Voluptueusement pachydermique derrière la barri-crade de mes défenses empiriques

 

C’est le matin, j’ai froid

Débarrassé de l’urgence de saisir ta croupe, je m’auto suffis par essence

Plaie mobile, je saigne et pourtant je survis, vie, vie, vidéo

Je dois saisir mon appareil photo

Sculpter ce safari à mes oreilles frémissantes

Je m’imprime en 3 D la mélopée de mes cris de brousse

Je cherche désormais d’où suintent mes humeurs,

Tu vois, je pleure

Mais quelle horreur est-il ?

Sois gentil, dis-le moi car moi, je ne sens plus rien là

Plus rien pour me soulever le cœur

 

Comme le papier qui se gaufre

Comme l’éléphant qui se vautre

Dans tabou

J’aime le blazer désabusé qui épaule ma masculinité depuis l’orphelinat

 

Je suis homme

Je suis un être humain

Je suis virilité mais je manque de bras pour battre l’air autour de moi

J’ai ma queue comme chasse-mouches

 

Par mon appendice je m’accroche à vos bouches

Suprême collage génétique

Je trompe ainsi mon bon public

 

Ne reste donc pas bouche bée,

On n’admire pas les éléphants si on n’accepte pas les noirs

J’ croyais qu’ t’avais compris Babar

 

Salope !

Le mot salope est tempétueux.

Il excite, au rythme des passions phalliques,

 

Salope, celui et celle qui ne demande qu’à jouir 

Aime à jouir, ne cache pas son plaisir

À quatre pattes salope !

Ton fantasme va plus loin que ça

 

Au-delà des mots, salope !

Rêve d’une vulve endiablée,

Salope, étonnante beauté,

Pourquoi l’humilié fait vibrer ?

Mais qui baise-t-on au fond de ces contrées ?

 

La honte visse son trophée dans le mur de ma fébrilité

Chasse, accours, viens jusqu’à moi

Je ne connais pas ces gens qui courent, fêtards 

Je ne connais que leurs avatars

 

J’aime le blaser respectable qui m’épaule tout au long des couloirs où je retrouve les miens pour boire

 

Bien élevé, moi je vis comme un homme véritable

Les beaux mensonges sont bannis de ma vie raisonnable

Bobard hait la vieille dame aux genoux cagneux qui supplie : « Caresse mes cuisses déformées je t’en prie»

 

Eh les fentes manichéennes, il est trop tard pour m’aimer, vilaines,

Pour accueillir en noir et blanc le turgescent tourment de ma peine   

 

Remontée en substance de la semence de mon cerveau reptilien à hauteur de mon néocortex.

Retour primitif à mes vrais instincts qui eux seuls me veulent du bien.

Oui, en vérité je vous le dis, tout pouvoir est un abus

Tout effort de conviction, un viol avec pénétration.

 

Tu es prise au piège de mon foutre gluant, salope !

 

Ainsi les braconniers violents se sont soulagés dans ma chair jusqu’en dessous de ma peau épaisse

Dans la viande de ma viande, sous la rugueuse vigueur de mes fesses

 

Sans défense des barricades, je ne donne pas cher de la dépouille de nous autres dilettantes sexuels

J’urine à profusion sur vos simagrées de dévotion, de séduction

J’éventre le premier qui doute et même si j’en meurs empoisonné, je broute le textile des nations

 

Le voile me donne des vapeurs, laïques et obligatoires.

Tant pis, mon pied imposant, racorni te servira de porte parapluie.

 

Bientôt, nous irons nous coucher dans les cimetières d’en haut,

La connaissance est un fardeau

Il est temps de mourir idiot.

 

Les pénétrables sont aujourd’hui en élevage.

Les humains, qu’ils soient noirs, blancs, jaunes, élèvent le soumis comme les fourmis le font des pucerons.

Comme les fourmis le font des pucerons.    

 

Homme trop petit pour m’étreindre, je t’écris des mots simples pour qu’ils puissent entrer dans ta trogne.

 

Monstre heureux je ne suis pas comme toi car je me fous des choix qu’il faut faire pour mon bien.

Je fais avec mon handicap. Ç’eut pu être pire face aux chasseurs d’ivoire et d’ébène noir, qui débordent.

 

Humain, erreur du petit « a » jusqu’au grand « Z », tu t’es trompé de horde

Je te vois, jeune, filou, lointain, narcisse affamé de chair, lécher les bottes des puissants.

Je ne peux pas vouloir ta mort pourtant, mais ton espèce m’a m’oublié

Toi, tu me trahis, moi qui t’aimais, charmant.

 

Artifices et dégénérescences sociales résonnent dans ton coeur.

Tu pourris ma nature, adulte avide de vaincre et tu nuis à ceux de ma race.    

Être un homme, ce n’est pas toi et ta vie affairée.

Adulte, tu es enfant mal vieilli en panique à l’idée de te voir soupçonné d’un geste irresponsable.

 

Éducateur, gouvernant, décideur, dirigeant, mâle aux convictions fallacieuses, femelle en quête de reconnaissance douteuse,

Tu n’es qu’une bouse avec un costume autour.

 

Puisqu’on en est là ensemble, dans ce capharnaüm des horreurs, accepte cependant ma poigne dégénérée et couchons-nous de bonne heure.

 

Demain nous irons nous promener dans ton monde, faire le tour du propriétaire où t’es rien.

Que dis-tu de ce cadavre mutilé sur le bas côté du chemin ? De ce cadavre au sourire exquis ?

 

Pardon si je fais de la poésie, mais la mienne ne peut orner ta bibliothèque en teck.

Il y a cette haine qui ne peut cesser de se dire, venue de mon tréfonds millénaire

 

Mais tout ça, quelque part, tu n’y peux plus rien.

Car il faut bien manger, il faut bien jouir et aimer,

Il faut bien enfanter, il faut bien faire carrière,

Il faut bien faire passer pour des aptitudes ses connaissances légères.

Il faut bien adhérer aux lois du genre et de l’espèce.

Il faut bien obéir à tout ça.

Même si tout nous blesse

 

MLF hante encore ma nuque clairsemée, même si je ne crois guère pouvoir finir qu’empaillé par ces dames bien intentionnées

 

Aujourd’hui je vous invite toutes et tous à la ruine de mon biotope

Pour toujours et à jamais, bien solennellement devant vous, je marie la forêt

 

Retrait du masque. Visage affublé de prothèses.

 

Bonjour, bonjour les p’tits éléphants !

Alors comment ça va ce soir ?

 

Chanson

 

« Au printemps, au printemps, au printemps j’aurai 16 ans … »

Au Printemps - Marie Laforêt (1969) - Interprète : Marie Laforêt - Compositeurs : Pierre Cour / André Popp

 

Mesdames, Messieurs, suite à un mouvement de grève d’une certaine catégorie d’un genre très personnel, nous ne sommes pas en mesure de vous présenter le programme prévu.

Veuillez nous excuser pour le gène occasionné 

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© David Noir 2014

masque ulin-public_2

... merci de votre curiosité ...

 

Journal des Parques J-50

altéré go - david noir

altéré go - david noirComme annoncé, j’entame ce journal. Je l’espère sans tabou.

Mal dormi. L’insupportable Rapport aux autres m’agite et me taraude. C’est bien le sujet. Depuis des années: seul ou accompagné ? Se défendre des rapports doux comme des aigres ; comment ? Encore hier, on veut tout me faire revoir à la baisse en me faisant croire que c’est mon offre qui est indécente ; qu’on me propose une compétence qui vaudrait tellement plus.  On creuse un peu et rien ; du vent ; où sont le cœur et le talent vantés ?

Chaque échange ou conversation qui engage mon intérêt m’encule à sec ; me baise la gueule malgré des efforts considérables et une agitation fébrile pour me défendre. La fébrilité, évidemment c’est là que le bas blesse. Elle est là mon indécence. L'indignation est à la mode. Indigné, je ne le suis que très banalement par la misère. C'est trop énorme. Il faudrait être indigné par la vie elle-même, par l'injustice de la mort et de la souffrance. Non, moi, indigné, je le suis surtout par l'abus quotidien; le petit mensonge qu'on fait aux autres et à soi-même pour mettre son petit cul à l'abri; privilégier ses vues mais sans ouvertement risquer le conflit et revendiquer ses intérêts. C'est légitime de défendre ses intérêts. Ce qui est une ordurerie c'est de se vanter "généreusement" du contraire.  Alors, à mon tour je me demande comment faire le poids et défendre mes intérêts vis-à-vis des gens les mieux intentionnés.

La posture du metteur en scène m’a finalement un beau jour, dégoûté. Heureusement j’ai réussi plus ou moins à m’en défaire avec les années; à métamorphoser mon désir et mon statut; à les laisser encore plus faire; prendre la main; à laisser la place vide et m'en aller rêver ailleurs pendant qu’ils croient que je suis là. Tant que j’allais dans le sens du poil de chacun tout allait au mieux. J’en  demandais si peu et en apportais tant que c’en était grotesque. Et on était ravi de me laisser penser que j'étais chef. Et eux/elles avaient l’impression de donner, alors qu’ils/elles n’étaient tenus à aucun effort autre que de s’amuser ; même pas celui de la mémorisation d’un texte ; ce dont je me foutais et n’ai jamais exigé. Libres,  vite, nus et texte en main ; on y allait. Y avait qu’à. Mode d’emploi et petits gâteaux étaient servis sur un plateau. Mon ex partenaire m’a dit un jour dans un mouvement de connerie auto-suffisante, étant actrice elle-même, que je n’aimais pas les acteurs. Qu’elle aille se faire foutre ; je n’ai jamais rien aimé d’autre chez un individu que son potentiel à jouer. Ça ne veut pas dire que j'aime son imbuvable narcissisme. Tout le reste m’indiffère, ne me concerne pas ; m’emmerde. C’en est même tellement le seul aspect supportable de ces putains de rapports humains, que je l’annonce au public à coup de grande pancartes : venez ; faites vous acteurs ! Soyez mes camarades de jeu puisque les autres, les vrais, les joueurs professionnels, tout le gentil staff des professionnels du spectacle sont tellement conditionnels ! Ca sera toujours ainsi ; à leurs conditions.

Mr Hyde s’empare de moi. Comme d’hab, la surcharge de travail est telle que j’en vomirais. Ma haine est une bombe atomique. J’en épargne tout le monde et surtout les plus cons et les moins méritant/es. J’en blesse mon amie la plus chère, Any, qui par sa bienveillance et son amour indéfectible se prend mes vomissures plein la face et mes hurlements de bête dans les oreilles alors que je roule seul en voiture. Pardon.

Le reste du monde veut me faire croire incessamment qu’il me fait une faveur ; que je demande tellement trop ; qu’il m’octroie tellement plus. Fuck you ! A la prochaine.