Appel d’urgence

mains qui prient

Il est une pièce importante de cette machine de création scénique.
Il permet au travail produit en amont d’être soudain en prise avec un réel démultiplié par le nombre et la variété de ses représentants.
En faisant la jonction entre l’énergie d’une équipe et celle du groupe des spectateurs,
la représentation joue ainsi son rôle d’embrayage, tout comme la répétition, au préalable, entre concepteur et interprètes.

L'embrayage est un dispositif d'accouplement temporaire
entre un arbre dit moteur et un autre dit récepteur.
Dans le cas des véhicules automobiles,
l'embrayage trouve sa place sur la chaîne de transmission,
entre le moteur et la boîte de vitesses, où, de plus,
le couple à transmettre est le moins élevé *.
Le désaccouplement facilite aussi le changement de rapport de vitesses.

* Couple Sens 4 [Physique] : Système de deux forces contraires, parallèles et de même intensité.

Les représentations nous offrent de traverser les choses physiquement.
On obtient ainsi un plus grand contrôle sur la vitesse et la direction des projets.
On sait aussi plus rapidement de quelle nature sera la prochaine étape.
Nous espérons dans le cas présent de cette exploitation, que la machine aura fonctionné dans les deux sens et que vos propres véhicules s’en seront trouvés eux aussi améliorés et plus maniables.

De notre côté, des modèles plus luxueux de production sont à l’étude mais pas encore au point. Nous ne manquerons pas de tenir informés de l’évolution de nos gammes les spectateurs désireux. Pour cela, il leur suffira de s’inscrire à la rubrique « Contact » sur www.davidnoir.com

APPEL D’URGENCE
Beaucoup de personnes mal informées croient
que nous faisons du théâtre contemporain.

AIDEZ-NOUS à leur faire comprendre que c’est faux !
Que c’est matériellement impossible puisque cette forme transitoire n’existe plus depuis la fin des années 70.
Le théâtre ou plus exactement l’art dramatique mettant en scène dialogues et personnages reste une discipline captivante, mais non une production d’art actuelle ; encore moins une pensée vivante. On peut même se risquer à parler de « morbidité » dans les cas les plus pervers d’individus qui réussissent parfaitement à tromper les spécialistes les plus éminents au sein des lieux les plus prestigieux.

Nous savons de sources sûres qu’il existe encore beaucoup d’auteurs et de metteurs en scène qui font du Théâtre, disséminés dans divers endroits stratégiques où ils ont été placés, pareils à certains vétérans japonais ignorants la fin de la guerre et toujours à l’affût trente ans plus tard dans des îles des Philippines.

S’il vous plaît, AIDEZ-NOUS à les retrouver pour leur bien et pour le nôtre.

Préface dans ta face

David Noir - Elephant_pétrifié

 

David Noir - Eléphant_pétrifié
David Noir - Eléphant_pétrifié

À chacun son chemin. Le mien est celui de la brisure poétique et de la confusion volontaire - des arts, des genres, des sens, des sexes, des lieux de l’esprit et du corps et bien sûr, des sentiments. Que m’importe que vous ayez mes œuvres chez vous si j’oublie qu’elles sont importantes pour moi. La réponse est dans le corps ; le chemin est vers le corps. De l’amour à plus soif ; le plus gros des réseaux. L’ignorance, la peur, les denrées les plus répandues chez les hommes et les femmes ; du coup, on appelle ça la norme. La norme - les individus qui s’en revendiquent par éradication d’une singularité affichée qui leur serait propre - résulte du peu d’ambition personnelle à explorer l’humain. Nous même, soi-même ; tout autre que le pouvoir d’une image mentale prétendument commune. Pour éclater le pouvoir jusque dans sa structure osseuse, il suffit de témoigner par millions de nos singularités spécifiques à visage découvert. Un outing de la pensée. Mais le voulons-nous ? Qui le veut ? Le rôle d’un état, qu’est-ce donc : encaisser et protéger. Nous payons pour qu’une entité à tête flexible, mouvante et remplaçable crée, favorise une image générique du normal ; de ce qui doit arriver, de ce qui doit se faire et dans quelles limites. Ce qui parait souhaitable pour permettre bien être et développement de soi - interdiction du meurtre, assurance d’un toit protecteur et d’une nutrition équilibrée – et au-delà, infrastructures sociales et culturelles au sens large. Le minimum n’est souvent qu’en partie fourni. L’essentiel manque à beaucoup, passe encore, soyons philosophes. Ce qui ne peut se tolérer en revanche, c’est le diktat raisonneur, la morale paternaliste et en toute extrémité, le jugement artistique. Que répondre à l’état culture qui s’arroge le pouvoir pédagogique d’amener en une progression savamment calculée, le bourrin consommateur à sa part d’art singulier ? Tout simplement que lui, Etat, n’a rien à faire en ces lieux. Que le pouvoir des arts appartient à ceux qui le font, ce qui finalement pourrait revenir à tout un chacun s’il s’en donnait la peine. Sous prétexte de représentativité, la direction des lieux culturels s’est confondue pour le directeur ou la directrice de structure, avec le choix de sa propre décoration d’intérieur en terme de programmation. Pourtant, on ne leur demande pas d’aimer, mais de distribuer un ticket pour le paradis confortable des lieux d’exploitation nationale à qui en fait la demande. C’est comme bouffer. Tout le monde peut y avoir droit au nom du pot mis en commun par le prélèvement de la dîme. Du moins, ça devrait être ainsi. Au Privé d’orienter ses choix, à l’Etat de faire du « tout venant ». Ca n’irait pas plus mal. On viendrait montrer son spectacle, ses tableaux ou autres créations, simplement parce qu’elles existent. Et dieu sait qu’il y aurait des merdes. Mais des merdes à portée de main, des merdes libres et sans entraves, juste permises de s’exposer par la réservation d’un jour, d’une date ou d’une série de dates sur un planning administratif de réservations. Simplement pour brouiller les cartes, simplement pour que chacun y mette sont grain de sel, simplement pour retirer du pouvoir à qui n’a pas de raison d’en avoir. Pas de business, de l’exposition. Pas pire qu’autre chose. Peut-être une petite cotisation ; une participation modeste, juste pour dire, comme on dédommage un logiciel libre sur internet. Pour le reste, les théâtres seraient comme des hôtels, ce qu’ils ont vocation à être, des lieux de repos, où l’on souffle un peu. Des lieux d’hébergements momentanés pour se couper du monde courant. Et des hôtels, il y en a des pourris et des luxueux. Certains que la plus part d’entre nous ne pourront jamais se payer. Mais des pourris, pas trop chers, il y en aura toujours avec des chambres de libres. Un hôtel, ça ne dépend pas d’une tutelle qui ignore le désir du client en question, au profit de celui du tôlier ou de la couleur du papier peint de la cage d’escalier. Car le rôle de telles structures c’est de maintenir, d’encourager le désir. Mais de ce côté-là, bernique. Pour avoir du désir, il faut du sexe quelque part. Mais de sexualité, les tutelles s’enorgueillissent d’en être dépourvues. Tous les choix se disent justifiés, raisonnés et surtout pas impulsifs et humides comme une excitation. Experts, mais en quoi exactement? Haut spécialistes du camouflage de bandaison et du mouillage spontané, l’expert et l’experte sont les fibres textiles d’un slip menteur, absorbant les volumes et les humeurs ; une gaine moulant rigidement les déformations des corps en un unique carcan. Oui, les commissions d’experts sont des slips d’antan, tue l’amour et anti moule sexe. L’incarnation du sérieux en guise de paravent pour préserver sa place. Des champignons voraces qui ont inventés le service aux auteurs, des mycoses du flux subventionné qui prolifèrent à son contact. L’institution est la plus part du temps une maladie virale à de rares exceptions près où certains humains se trouvent là par hasard. Quelques Langlois, quelques fous, quelques crados. Mais pour les fonctionnaires bien mis et au fait des arts, entre aussi dans la composition, les fameux « coups de cœur » à défaut de coup de cul. Il serait malhabile et naïf de se déclarer totalement impartial. Savoir montrer sa légère faille qui fait de soi un humain est la nouvelle botte secrète à la mode depuis la fin du gaullisme. Les hommes et les femmes ont changé, n’est-ce pas ? Mais sous ces impeccables exemples de droiture et d’humanités si abordables, on découvre parfois d’imposants castrats bien repus, d’immenses eunuques à la moue boudeuse insatisfaite à force de faire bombance. Reste à se faire invité à leur table. Heureusement quand on n’a pas grand-chose à dire en terme de création, il reste du temps pour s’ouvrir des portes. On appelle ça creuser son sillon, en art y compris, quand on n’est pas capable de variété. Enfin nous y voilà ; le panier garni, le palais gâté, le palais …