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Les Inrockuptibles

Les Inrockuptibles

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« Un spectacle sulfureux où la mise à nu est intégrale »

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Les Inrockuptibles

ARTS SCENES

 

David Noir et ses comédiens jettent vigoureusement et sans coquetterie leurs fantasmes sur scène. Un spectacle sulfureux où la mise à nu est intégrale.

hard corps

LES PURITAINS

Scènes    

Chaud devant ! Et cessons de pinailler sur les mots. La scène comme théâtre du désir ? Le théâtre comme représentation formelle de ses pulsions ? Voyons un peu, fouillons dans les coulisses, balayons les indications scéniques et surfons sur la fable, simple support au grouillement de vie qui l’agite. La mise à nu est intégrale, forcément, dès qu’on se prend au jeu. Voilà le pari un peu insensé lancé par David Noir lorsqu’il écrit Les Puritains et se propose de le monter avec neuf comédiens (huit garçons et une fille), il y a deux ans. Stanislas Nordey dans le cadre des Lectures du monde en 1998 au TGP de Saint-Denis, Joël Dragutin à Cergy-Pontoise et Le Lavoir moderne parisien au printemps dernier et cet été: peu ont pris le risque de relayer ce spectacle explosif où les gestes d’amour sont joués sans vergogne, à mi-chemin du grotesque et de la plus grande insolence, doublant en permanence le drame petit-bourgeois des Puritains. Interface du jeu par où s’agrandit l’espace mental disséqué en public. Entre inceste rance et violence poisseuse.

 

Une longue table de conseil d’administration, quelques bouteilles de vin débouchées, et l’histoire cahotée, de saynètes caricaturales en récits désabusés, sur une bande-son hétéroclite qui fait office de décor. Cela rappelle le procédé de Martin Scorsese lorsqu’il monte la bande-son de ses films: plonger le négatif, la face noire du spectacle, dans un bain sonore révélateur, en prise directe sur l’émotionnel des acteurs comme du public. Quelque chose de l’ordre de l’intrusion, revendique David Noir, qui s’inscrit dans le théâtre résolument en négatif: Contre la suprématie du metteur en scène, conte la deuxième peau ou le masque du comédien qui s’absente pour laisser place au personnage, contre l’esthétisme qui détourne du sujet ou le récupère – ce qui revient au même -, contre les a priori culturels au détriment des défis de l’art, contre l’hypocrisie d’un théâtre devenu l’endroit le plus pudibond qui soit. « Les Puritains,c’est ce qui me constitue, malgré moi, c’est le transport d’une éducation issue du XIXème siècle dont on porte encore tous les germes et qui est redoutable. C’est nous, quand on n’a pas de conscience. C’est abuser l’autre, même petitement, psychologiquement, parce qu’on a été soi-même abusé. Cet abus, je le traque partout, parce que j’ai la haine de ça, une haine profonde et ludique, qui me sert de moteur. J’ai la rage qu’on ne me foute pas la paix dans mon individualisme et en même temps, j’ai l’arrogance de ne pas vouloir foutre la paix aux autres. Les Puritains,c’est se débattre avec ce qu’on est. » Vigoureusement et sans coquetterie, David Noir et sa bande jettent les fantasmes sur la table – une formation en biologie et paléontologie qui aurait laissé des traces ? Ebats homos ou hétéros, sodomies, fellations, masturbations, pénétrations, touche-pipi audacieux, tout peut se jouer, se montrer. La mise en scène du désir est assumée de manière enfantine, certes, mais inscrite fortement dans la trame d’un récit qui pèse de tout son poids dans l’intention et la forme du geste. C’est autre chose que la trituration des organes du corps opérée, par exemple, par le chorégraphe et danseur Jérôme Bel, activité délestée de toute intensité dramatique. « La danse aussi parle d’intimité, mais elle est tout de suite chorégraphiée et ça l’emmène ailleurs, ça éloigne du sujet. La mise à nu, lors des répétitions, est venue progressivement parce que, très vite, on a eu le désir que ça aille plus loin que le texte, que ça parle de ce dont ça parle vraiment. Ce que j’écris, je ne sais pas d’où ça vient, c’est un peu fossile, lyophilisé. Comme acteur, je dois le réhydrater. C’est très instinctif, émotionnel et visuel. Je fais du théâtre une opération commando un peu terroriste. Pour construire de la pensée, du sens, et surtout pas une forme esthétique – l’esthétique gay m’ennuie – ou un discours politique. »
Forcément sulfureux…

Fabienne Arvers

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Le Parisien

Le Parisien

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« Probablement la pièce la plus controversée de l’année »

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LE PARISIEN

Théâtre

Reprise des « Puritains » au Lavoir Moderne Parisien. C’est probablement la pièce la plus controversée de l’année. Son jeune auteur, David Noir, met ici en scène, sur un texte ciselé, le corps et tous les abus qui y sont liés: fantasmes, viols, pédophilie. Neuf comédiens, dont une femme, vont jusqu’au bout de la nudité dans cette descente aux enfers provocante et macabre. Son goût prononcé pour la provocation n’est pas sans rappeler la période de libération sexuelle des années soixante dix. Tout montrer n’est pas toujours synonyme de génie…
CE SOIR ET LES MERCREDIS, JEUDIS ET VENDREDIS A 21 HEURES

Lavoir moderne parisien, 35, rue Léon (XVIIIème M: Marcadet-Poissonniers. Réservations au 01.42.52.09./4. Plein tarif: 90 F. Tarif réduit: 60 F.

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www.megacomik.com

megacomik.com

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« Les interdits sont à fleur de peau »

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Les Puritains

De David Noir. Mise en scène de l’auteur.

Avec Jean-Hugues Laleu, Sonia Codhant, Stéphane Desvignes, David Noir, JeanFrançois Rey, Miguel-Ange Sarmiento, Philippe Savoir, Pierre Viguié, Jacques Meystre.

Musique / Piano : Jérôme Coulomb

Ils sont neuf en start-up à vous hérisser le poil de vos tabous sexuels à travers des morceaux de variétés mièvres ou à la sauce disco.
Est-ce une conférence ?
Puisqu’ils sont alignés à une longue table face à vous, assis. Buffet de la grande bouffe sexuelle tout s’agite dans un corps à corps délirant, brutal.
Inceste, plaisir de la chair débridée, voilà une panoplie de clips à vous couper le souffle. Les interdits sont à fleur de peau. Nuance de mots à maux de notre société, Les Puritains pourront dérangés un public non averti. Il y a de la zigounette et de la chatoune qui se frottent aux verbales. Autant dire dans les anales du théâtre, Les puritains poussent le bouchon assez loin. Mais l’amour n’est-il pas une scénique comédie qui se joue de tout ?
A voir, pas pour son côté voyeur mais pour ses pulsions théâtrales.

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Libération

Liberation

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« Fibres épicées »

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Libération

La radio

Fibres épicées

Radio Nova (101.5) « Jamais sans mes fibres » de 6h à 9h, du lundi au vendredi.

Besoin d’un petit nettoyage d’oreilles ? Zappez sur la bande FM et goûtez la formule petit déjeuner de Nova, franchement vitaminée. Mais sachez que ce matin-là, vous serez totalement ignorants des infos du jour. Vous risquez même d’inviter vos amis pour aller voir une pièce de théâtre complètement trash (les Puritains) que toute la presse plan-plan a détesté, mais que la chroniqueuse Marianne Groves a adoré.

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Cassandre

Cassandre

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« ART SCÉNIQUE ET LINGE SALE »

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CASSANDRE

ART SCENIQUE ET LINGE SALE

Les Puritains de David Noir et Le Cabaret des nymphes mutantesde Élodie Abd El Kader et Romain Apelbaum ont été programmés conjointement par le Lavoir Moderne Parisien en mars avril 2000. Une reprise des Puritains est prévue au même endroit.

Ces deux spectacles répondent à un même esprit : celui de divertir franchement, directement, populairement, sympathiquement, grossièrement, licencieusement, avec l’énergie du bateleur, celui de l’entraîneuse, du chanteur de rock, de cabaret, du conteur. Divertir ici, ce n’est pas désennuyer l’habitué des « pièces » qui vient chercher un peu de chaleur auprès de quelques comédiens dynamiques. Divertir, c’est faire sortir ou transporter ailleurs; C’est rendre la scène ainsi que la salle d’un théâtre inadéquates, inadaptées – on ne divertit pas en enfermant, en installant. La mutation ou la métamorphose des Nymphes de Élodie Abd El Kader et Romain Apelbaum, l’intime et littéraire mise à nu des Puritains de David Noir appellent un espace imaginaire ou inconscient sans bornes, un espace commun qui ne laisse pas le spectateur en dehors du coup. Le voyage initiatique des nymphes, les problèmes sexuels des puritains nous concernent en effet. Oui, nous sommes des puritains; pas plus, pas moins que ceux qui les représentent ou les incarnent pour nous; nous faisons plus que nous reconnaître en eux; nous nous supportons ainsi. Le comédien n’est pas notre double ou notre reflet, celui qui va nous faire prendre conscience de notre situation, le miroir, enfin nettoyé de nos tares ; il ne nous apprend rien ; nous savions déjà tout sur ce qui allait être dit.
À quoi sert alors cette fausse provocation, cette remise en question de nous-mêmes par ceux jouent à nous imiter ? À rien. Dans l’espace mis en commun par ces deux spectacles, pour ceux qui jouent comme pour ceux qui regardent, tout est dit; ni messages, ni gestes ne se réfèrent à un ailleurs de ce qui est déjà là. Le divertissement en nous transportant dans un espace public et ouvert ne nous détourne pas de notre condition d’homme mortel et sexué.
Voilà qui mériterait d’être poursuivi et approfondi: une prise à partie gratuite – sans intention didactique – de ce qu’on appelle le public, prise à partie d’une communauté d’hommes qui n’iraient plus au théâtre, enfermer leurs plaisirs et leurs peines. Ce qui est mise en cause, c’est la conception arcitecturale des théâtres que nous héritons d’un XIXème siècle intimiste, cloisonneur et égoïste, Un spectacle se donne, nous ne venons pas le chercher. Il n’y apas ceux qui viennent voir et ceux qui ne vont pas voir. Un théâtre est un lieu transparent, offert, que nous devrions fréquenter sans appréhension, sans le souci de trop dépenser pour quelque chose qui n’en vaut peut-être pas la peine. Essayer un spectacle comme on essaye un vêtement, le prendre ou le laisser, se laisser tenter: voilà un langage bas et vulgaire qui convient il ce que nous voulons dire.
En nous interpellant, en nous insultant, en nous dérangeant, en nous divertissant, en convertissant notre apathie en bonne humeur, en réveillant notre intérêt pour la chair, les puritains de David Noir, les nymphes de Elodie Abd el Kader et Romain Apelbaum réussissent à dialoguer avec nous, à faire en sorte que nous ne soyons pas seulement des voyeurs sortis indemnes de l’épreuve ou de la confidence de nos pulsions. On a un instant l’impression d’appartenir à un même monde, d’être nous aussi, pauvres spectateurs, dans la possibilité de nous métamorphoser en nymphe ou de décliner les tabous de notre puritanisme. Tout cela n’est rendu possible que par un travail de contact, d’intrusion, de transgression des comédiens dans l’espace du public. C’est dans cette confusion des limites conventionnelles que se joue quelque chose. Il n’est pas nécessaire que l’acteur agisse de l’intérieur de la salle ou que le spectateur soit entraîné sur scène pour que la confusion se réalise. Tout est dans l’intention, l’orientation des paroles, des gestes et des regards: on s’adresse à nous, on nous convoque ; nous sommes les interlocuteurs privilégiés, le sujet d’une pièce qui ne raconte rien, qui n’a pas d’histoire -sans commencement ni fin -, qui n’est pas tournée sur elle-même, qui n’a pas été faite pour la postérité.
Au centre de ces deux divertissements, il y a une écriture poétique expansive, lyrique, éruptive, convaincante – sentie ou ressentie. Réhabilitation d’une poésie théâtrale qui ne cherche pas ses références dans un passé vénérable. David Noir, plus qu’Élodie Abd El Kader et Romain Apelbaum tient le pari de faire reposer sa mise en scène sur sa parole, ses images, ses repères verbaux, Le divertissement au service de la poésie.

Alexandre Wong   CASSANDRE JUIN – JUILLET – AOÛT 2000[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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L’Express le magazine

L'Express magazine

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« Un net parfum de fleurs du mal »

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L’EXPRESS

Le magazine

Les Puritains

Derrière ce titre pudibond se cache un spectacle explosif où se télescopent l’obscénité doucereuse et terrifiante de l’inceste et des abus sexuels avec l’exhibition de corps sexuellement très actifs. Huit garçons et une fille lisent ou miment une série de scènes, véritable bouquet d’actions qui éclaboussent le plateau. David Noir, jeune auteur, acteur et metteur en scène des Puritains, dit vouloir se rapprocher de la scène rock. Pour la crudité des propos et l’ostentation avec laquelle l’acte d’amour est mis à nu sur le plateau, l’ensemble dégage un net parfum de fleurs du mal dépouillé de tout romantisme.

Fabienne Arvers

Lavoir moderne parisien, Paris (XVIIIe) 01-42-52-09-14

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tribu move

tribumove

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« À poil ! »

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tribu move

N°21 Juillet/Août

TOUJOURS À L’AFFICHE

LES PURITAINS : À POIL !

Ils sont… Je ne sais plus ! En tout cas, à poil ! Elle et tous. Provocation ! Certes, mais l’amour, l’inceste, la pédophilie, les concepts des gens bien pensants, il fallait au moins ça. Des ébats homos, hétéros, des fellations, des masturbations à peine voilées, des pénétrations… comment madame, il a osé. Oui, il a osé et heureusement. Cette pièce laissera un souvenir lointain dans votre mémoire et montre enfin ce que l’on attend aussi du théâtre. Amateurs d’Au Théâtre Ce Soir s’abstenir, sauf si l’anticonformisme vous démange.

Le Lavoir Moderne Parisien – 35 rue Léon – 75018

Romuald Jankow

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La Terrasse

La Terrasse

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« Délit de Scène »

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La Terrasse

N°77

Théâtre

Les Puritains

Au Lavoir Moderne, David Noir et sa Compagnie La Vie est Courte astiquent les cerveaux embourbés dans leurs préjugés

Huit hommes, une femme. Ils sont assis face à nous. Costumes noirs, cravates. Rigides, droits. Eux, Les Puritains, avec une sévérité déconcertante, fixent du regard « ceux qui ont risqué 90 francs ». À peine sorti de l’enfance, l’auteur, metteur en scène et comédien, David Noir troque ses jouets contre nos pulsions et répulsions. Il s’en saisit, s’en amuse, les triture. Joue avec. Il les maltraite comme un sale môme casserait les joujoux d’un autre. À leur table de travail, les neuf conférenciers – lecteurs des Puritains violentent toutes les conventions de la représentation. Manuscrit à la main, ils déchiffrent le texte d’une pièce imaginaire, celle que nous aurions pu voir. Entre deux volutes tabagiques, du vin et des chips, Les Puritains partagent ce qu’ils ont: à boire et à manger. En vrac. Sous des lumières disco, ils plantent quelques personnages. Bertha, Betty, Jean, Adrien. Sur l’air de Mon petit oiseau, braillé par Sylvie Vartan, ils baissent leur froc, s’attouchent, s’abouchent, puis simulent un viol collectif, une partouze, un inceste, un assassinat, un passage à tabac. Âmes sensibles s’abstenir, le pire est à venir.

 

Délit de Scène

David Noir trimbalait les provocations dévastatrices de ses Puritains avant que l’institution française ne découvre l’univers de Sarah Kane. Même le théâtre malin, coup de poing de Thomas Ostermeier, à côté, ressemble à une Mélodie du Bonheur entonnée par les enfants de chœur de Passy. Son univers ne doit rien à personne. Qu’aux monstres, à peine dissimulés que nous sommes. Nous, lui, ses parents, ses copains. Son théâtre figure et exhibe chacun des excès dont nos fantasmes sont capables. Il retranche nos réelles tendances aux formes dégénérées du voyeurisme dans leurs extrémités. Servis par dix prodiges d’un nouvel anti-théâtre, les Puritains désinhibent, brocardent, terrassent et piétinent une à une les certitudes amoncelées de l’enfance, érigées en murailles protectrices contre nos propres tendances. Murailles aujourd’hui costumées, qu’on le veuille ou non, en « puritanisme ». Évidemment, tout cela finit mal. Très mal. Avant de recourir, avec un humour cuisant au pire des « happy ends » et de disparaître dans la fumée des cigarettes et les notes de « Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes », David Noir et ses comédiens en donnent pour leur argent à ceux qui ont payé pour voir. Plus qu’une œuvre c’est un manifeste. Les Puritains sont un délit à nos consciences, à nos conforts. Un crime ignoble ou magnifique, salvateur et irrémissible.

PIERRE NOTTE

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Aden

Aden

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« David Noir joue avec le feu »

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Aden

LES PURITAINS

de et par David Noir

jusqu’au 10 juillet au Lavoir moderne parisien

L’intitulé de cette pièce est plutôt provocateur, quand on sait que ce spectacle s’attaque de front à une certaine bienséance en matière de sexualité. L’espace de la scène se propose ici comme une arène où les corps s’affrontent, non sans trouble ni violence. Un jeu sulfureux, où les regrets d’une innocence perdue sont sérieusement contrebalancés par la frustration et le refoulement. David Noir joue avec le feu.
Lavoir moderne parisien, 35 rue Léon, Paris 18ème. 01 42 52 09 14. Les mer, jeu et ven à 21h ; de 60F à 90F.

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respublica

Respublica

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« C’est l’enfance qui se réveille »

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Chronic’art – Scènes/art – Planches

respublica.fr

LES PURITAINS

* * * *

Une longue table de conférence, des carafes d’eau, deux micros: tout annonce un colloque soporifique. Neuf personnages en noir posent leurs attachés-cases et prennent place. Quelques minutes plus tard, tout ce petit monde baissera culotte et se touchera sans la moindre gêne. Masturbation, fellation, sodomie, nous aurons droit à un catalogue exhaustif ou presque, des pulsions et des fantasmes sexuels, des plus classiques aux plus fantaisistes. La « chose » est déclinée selon un abécédaire surréaliste et musical. Michel Sardou, Sylvie Vartan, Sacha Distel sont invoqués, et ce répertoire un brin désuet retentit de nouveaux accents érotiques. Je veux t’aimer ou Qu’est-ce qui fait pleurer les blondes ne sont pas si naïfs qu’on croyait, pas plus que Sur le pont du Nord ou A la claire fontaine.

En parodiant les films X, en dénonçant la prostitution artistique, en réglant leur compte aux parents abusifs, aux mères castratrices, aux psys voyeurs, aux cultes hypocrites, David Noir et sa bande (sans jeu de mots) font voler en éclats les masques de nombre d’institutions. En mêlant la cruauté extrême et l’humour, ils mettent vigoureusement à nu nos obsessions. Le viol et l’inceste sont des thèmes récurrents. Frapper, jouir, tuer, manger, déféquer, lécher, torturer sont humains. En vidant quelques bouteilles de vin et en dansant, ces dix puritains débridés le montrent sans modération.
Le public est pris violemment à parti, regardé, interpellé, provoqué sans ménagement. Certains mots, plus crus que crus, atteignent leur cible, provoquent une réaction physique: des spasmes de rires fusent, trahissant la surprise d’être ainsi débusqué dans ses replis intimes. Le texte de David Noir fait mouche: chair et organes s’émeuvent, l’esprit s’égare, certains souvenirs resurgissent. Mais cette expérience manquerait de nouveauté si elle se réduisait à une simple provocation. Or c’est l’enfance qui se réveille, sous les coups de cette orgie: la découverte du corps, la curiosité, la solitude et la peur.

En faisant lire à ses acteurs certaines scènes obscènes et loufoques (certaines ne détonneraient pas chez Copi ou Llamas), en adoptant un décalage salvateur, en louvoyant entre les écueils du pathétique et de la vulgarité, David Noir fait naître l’émotion. Sa présence sombre, déchirée, orchestre cet opéra pornographique avec l’énergie de celui qui sait ce que violence veut dire. Saluons pour finir son talent de poète, qui, pour notre plus grande joie, fait rimer « poussette » avec « branlette ».

Valérie Judde

http://www.chronicart.com/scenes/ sortir_planches.asp ?pass=60&Article= 1
30/06/00

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