Journal des Parques J-38

A mort le libre arbitre_David Noir

A mort le libre arbitre_David Noir
A mort le libre arbitre - Any Tingay, Valérie Brancq
Les Parques d'attraction - Photos Karine Lhémon

Les gens qui connaissent mon travail pensent parfois qu’il porte spécifiquement sur le corps. En fait, je ne crois pas m’intéresser plus au corps qu’aux animaux ou à la nature dans son ensemble, c'est-à-dire de façon profane et relativement lointaine. Non que je ne le souhaiterais pas, mais il me faudrait disposer en stock de quelques vies supplémentaires pour m’y consacrer pleinement.

L’intérêt qu’on porte à quelque chose ; ce qui en fait « notre sujet », me semble toujours plutôt ancré en soi viscéralement que fruit d’une décision simplement intellectuelle ou émotionnelle qui serait guidée par le libre arbitre. Ce fameux « libre arbitre » dont certain/es croient que nous sommes doté/es et sur la charmante fantaisie du nom duquel, je suis bien décidé à faire un microfilm un de ces jours. N’imagine-t-on pas cet arbitre libre voletant, heureux, au-dessus du gazon ?

Hélas, je ne suis pas danseur et non, ce n’est pas à ce titre que je suis capable de me pencher sur le corps de l’homme au sens large. Je le détaille uniquement du fait qu’il est « notre nature » et que par conséquent, à travers lui, mais surtout à travers le regard que nous lui portons, s’exprime la considération que nous avons de nous mêmes et d’autrui.

Eh bien, si vous l’ignoriez, j’ai le regret, suite à cette étude quasi pharmaceutique d’une vingtaine d’années sur un panel de personnes rencontrées au cours de ma vie professionnelle et affective, de vous annoncer les tristes résultats de mon enquête:

Ces représentants, chacun dans leur catégories, d’une majorité d’individus, tous sexes confondus, s’avèrent être constitués dans leur être profond, d’une part désespérément et irréductiblement conventionnelle.

S’il ne m’avait fait parfois rire et heureusement, dans certains cas, partager ce rire, il n’y aurait qu’à pleurer ou à défaut, se flinguer de cet état de fait.

Le pire est que, souvent, c’est avec la meilleure foi du monde qu’ils l’entretiennent et ne s’en aperçoivent même pas. Ou bien, si ils/elles s’en rendent comptent, considèrent qu’après tout, on peut très facilement vivre avec et donc, pourquoi, à ce compte faudrait-il se fendre d’une réflexion et d’efforts inutiles ? Le désespérant pour moi, se loge tout particulièrement au cœur de cette dernière remarque, puisque je ne peux que leur donner raison : tout prouve qu’il est formidablement plus aisé et confortable de conduire sa vie via les cheminements de comportements et avis pétris de conventions culturelles, sexuelles, sociales et sociétales.

Que dire d’autre ? Ami/es, famille, intellectuel/les, artistes, corps de métiers versés dans le social, éducateurs … c’est là où on s’attendrait à trouver le plus d’ouverture qu’on repère le plus grand écart entre discours général sur la liberté et points de vue spécifiques sur les comportements admis ou considérés comme admissibles. Et là, la pornographie ou ce qu’on veut bien y mettre, est évidemment au centre du débat :

« Je ne vais quand même pas aller m’exhiber en me branlant sur Internet » me dit l’un. Ah bon ? Pourquoi ? Qu’y-a-t-il de contenu dans ce « quand même » ? De quelle limite à ne « quand même » pas dépasser parle-t-il ? Vis à vis de quelle attitude plus normale ?

« Je vivrais mal que mon image soit associée à telle scène s’activant dans mes parages » me disent en substance quelques autres. Bon. Parle-t-on ici du « bruit et de l’odeur » de la pornographie comme on en parlait il y a peu encore à propos des familles d’africains partageant le même pallier que des français de souche ?

De quelle espèce sont donc issus les gens qui s’exhibent ? À quel titre méritent-ils cet ostracisme racial qui rapproche une partie des acteurs culturels souvent éclairés, publics y compris, des représentants les plus usés de la stupide droite catho bien pensante. Je n’irai pas plus loin dans la citation d’exemples, dont une part a déjà servi de développement à un article précédent auquel je vous renvoie ici.

Entendons-nous bien. Lecteurs, lectrices, faites-moi la grâce de ne pas ridiculiser mes propos à peu de frais. Je ne dis nulle part que la liberté d’être passe par le fait d’exhiber sa sexualité sur le Web ou ailleurs. Je dis que juger avec crispation ce qui constitue une fascinante pornographie moderne réclame un peu plus d’humilité que ça, vis-à-vis des hommes et des femmes qui trouvent plaisir à le faire et en gratifie généreusement l’internaute que je suis. Elles et eux sont aussi, les nouveaux « acteurs » de la toile. Et j’emploie le mot à dessein car il a pour moi une portée profonde dans le changement qu’Internet est en train d’apporter aux arts de la représentation et notamment à la captation des prestations vivantes. Aux acteurs, actrices, artistes amateurs comme professionnels, intellectuels en tous genre et autres … bref, à toutes celles et ceux, qui, d’où qu’ils et elles viennent, prétendent s’intéresser à la création, de se pencher à nouveau sur cette éternelle question des limites propre à l’art, sous peine de rester bêtement à l’écart d’une évolution d’une portée potentiellement immense, socialement et artistiquement. Ils et elles ne seront ni les premiers, ni les derniers a manquer le coche d’un pas en avant qui les aurait fait eux/elles-mêmes progresser. Encore faut-il avoir la modestie de regarder le monde en train de se faire, sans penser qu’on l’a cerné et compris. Je l’ai malheureusement constaté avec des gens dont je fus très proche comme mon père, devenir con peut être un confort de l’esprit auquel il est difficile de résister lorsqu’on se sent menacé par l’évolution des mœurs et des mentalités. Il m’a également prouvé, peu de temps avant de mourir, que l’imminence d’une fin, quelle qu’elle soit, pouvait déclencher un éveil de l’esprit créatif et provoquer le retournement de l’âme, soudainement à nouveau colorée de vie et habitée par l’émerveillement retrouvé du nourrisson face à la découverte de ce qu’il ignore et ne comprend pas.

Pour encadrer sa peur, on perd un temps précieux à se forger des avis et des jugements en kit, censés déterminer son tempérament et sa personnalité face au réel. Caractère proprement grotesque de l’homme que de s‘enfler de ces racontars autour de la prétentieuse notion de "sa" personnalité. De mes observations, je tire surtout que la soi-disant personnalité des individus n’est que la façade d’un décor instable qui s’affaisse immanquablement au moindre doute insistant, et c’est parfois tant mieux ; qui s’étoffe du pelage vaniteux de la certitude quand il est brossé dans le sens du poil et c’est en général affligeant et médiocre.

Pour ma part, je ne m’extirpe pas présomptueusement du lot, mais si je crée et réalise des projets, c’est à seule fin de me désengager chaque fois un peu plus, de l’aliénation ordinaire à ma propre bêtise. Quiconque a profité de son appartenance à sa propre espèce pour en faire l’étude, a pu constater que l’être humain, contrairement au vocable qui lui est fréquemment attaché en associant son imbécillité supposée à l’image du sexe de la femme, n’est pas « con » à l’état de nature, mais en revanche, fréquemment pervers, malheureux, lâche et vantard. Ce sont ces attributs ordinaires, grandement nés de la peur légitime qu’inspire l’existence et de nos difficultueux moyens d’y donner des réponses, qui fabriquent et constituent la bêtise humaine et la violence qui en découle. Une des meilleures blagues entendues lors du débat sur le mariage pour tous, fut pour moi, celle impliquée dans l’argumentation de certain/es opposants qui pensaient faire fort en disant : « et après, ce sera la polygamie qui sera revendiquée et réclamée comme un droit ! »  Mais bien sûr, mes chéri/es ! Comment ne pas dire qu’ils et elles ont raison d'avoir peur. Et pourquoi pas ? Et au nom de quoi refuserait-on d’officialiser polygamie et polyandrie quand l’humanité vit sa réalité conjugale, sentimentale et sexuelle depuis toujours à travers l’adultère, preuve simple et fréquente du caractère infondé de la seule validité du couple. On me répondrait « la famille, les enfants, bla bla... » bref, les mêmes sornettes qui viennent d’être servies sur des débats de sociétés qui franchement m’indiffèrent, tant je les trouve assimilables à des résistances inutiles refaisant surface du fin fond des pires obscurantismes. Les individus, parfois contre eux-mêmes, aspirent à être libres, voilà tout. Seulement, sous cette pente instinctive, il y a toujours un petit flic intérieur qui a la trouille au ventre et creuse son petit tunnel étayé de bonnes barricades, persuadé ainsi qu’il sauve le monde en empêchant le talus supportant la pente, pourtant faite de terre bien ferme, de s’écrouler sur lui-même. C’est pourtant lui, le petit flic, mineur bien intentionné, qui creusant ses galeries au cœur de nos consciences, fragilise et menace gravement l’édifice à la source du potentiel créatif humain, de s’affaisser comme une merde chutant platement au sol, tout alourdi qu'il est d‘idées toutes faites, de racismes imbéciles et de conneries frileuses. Ainsi nous n’entendîmes personne trop la ramener parmi les défenseurs du projet, sur le sujet de la poly-union. Mieux valait ne pas trop mécontenter l’intolérance du camp d’en face ; la fameuse « huile sur le feu … » aurait nui au passage, déjà douloureux, de cet accouchement aux forceps. Ça me fait penser à la non moins fameuse phrase de l’ex PDG de TF1, Patrick Le Lay,  sur le "temps de cerveau disponible" du téléspectateur vendu aux publicitaires par la chaîne; phrase jugée odieuse et cynique, je ne sais pourquoi par certains, alors qu'elle ne faisait qu’exprimer une vérité du système ; pour une fois qu’un de ses importants représentants s'y employait!  C’est là encore la vanité des gens qui était touchée et rien de plus. Que croyaient-ils donc les pauvres ? On leur apprenait qu’on les manipulait et ils/ elles criaient au scandale. Mais quel scandale, à propos de quelle nouvelle information ? Celui de se reconnaître eux-mêmes dans cette image, comme étant des moutons, sachant pertinemment qu’ils le sont, mais ne supportant pas de se le dire, au nom d’une dignité sacrément bien cachée jusque là. Je ne crois pas que cette noble indignation ait empêchée les mêmes par la suite, de boire du coca en regardant la télé. Eh oui, la misère humaine est surtout le fruit de son peu de scrupule et d’exigence de quelque côté de la barricade qu’on se trouve. Alors, par pitié, descendons de ces trop hauts chevaux pour nos courtaudes petites jambes. « S’indigner ! », quoi de mieux ? Absolument, mais non sans avoir d’abord inspecté la machine par un bon examen de conscience.

« Depuis quel poste d’observation s’indigne-t-on ? », me semble la question préalable indispensable pour ne pas se contenter d’être une fois de plus, un/e simple suiveur/euse ballotté/e par les vents ambiants.

Pour y parvenir, apprendre à regarder avant de ressentir est sans doute la première des choses à faire.

...

Attentats au pire si tu ne reviens pas vers Toi.

Police - racaille, intellos - démagos : même topo, Lino!

Moi, individualiste force né,

Je laisse vaguer mon air triste

En attendant la reprise du tourment sous le préau,

Où sont gravés,

Liber …– Égal … – Frater …

Mais je crois bien que l’enseigne

ment.

Oh, on s’offusque sur des mots, on fait de la littérature !

Alors on est dans la culture ?!

Le marchand de sable, Pimprenelle, Nicolas,

Et son petit frère

Il faut les passer au karcher,

Mais au passage, n’hésite pas à te faire

Un puissant lavement avec les eaux de ruissellement,

Éliminer les salissures

Et hydrater le fondement de ton esprit démocrasseux ;

Si tu veux, sans créer de fissures,

Parvenir à pousser un peu.

Sainte Médiocrité qui nous réunit en ton sein,

Pour notre bien le plus commun

Dans ton ghetto de la République,

Bénis notre île et l’almanach Vermot,

Où dégoulinent de tes collines,

Sirops poisseux de notre info

Sur notre Sunday crème vanille,

Les maux douloureux de nos cliques humaines,

Prenez et dégustez et partagez ma peine !

Ceci est ma connerie saupoudrée de mille éclats pralines !

Tant pis pour nous, la guillotine

Ne sera pas pour ce cou là

Au rendez-vous des p’tites familles.

MAN HEINEKEN PISSE - Les Parques d’attraction – David Noir 2013 - La foire aux consciences

Vœux pour la puissance d’être

Voeux 2013_David Noir

Voeux 2013_David NoirLe rêve n’est-il que la virtualité de la vie, en ce sens qu’il semble en avoir les qualité de réalité sans en posséder les vertus d’impacts concrets ? Le réel, au sens de l’acte, lui est-il forcement supérieur en terme d’efficience ? Serions-nous véritablement chaque jour un peu plus détenteur de cette « second life » qui réside depuis toujours largement dans nos cerveaux mais n’est encore qu’embryonnaire en tant que « produit » effectif dans le creux de nos mains ? Et quels ponts relient ce rêve et sa virtualité au désir d’exister dont nous sommes le siège ? Encore faut-il distinguer, et c’est là tout le point, entre désir actif et désir passif au sens où Spinoza, qu’il ne me reste plus qu’à découvrir, semble l’avoir défini.

http://www.philolog.fr/le-desir-comme-puissance-detre-spinoza/

Vastes questions ontologiques pour bien débuter l’année ou simples interrogations d’une adolescence encore en recherche après un demi siècle d’existence ?

À moins, de l’avis des plus méchants matérialistes, qu’il s’agisse plutôt d’une recherche éternellement adolescente ?

Sans doute, pourtant, il ne me reste guère d’autres matériaux de fond à l’issue actuelle de mon parcours. Et c’est tant mieux pour moi, car il m’a fallu détricoter et dénouer quantité de filins embrouillés qui constituaient ma geôle et mon bagage et n’étaient pas miens pour autant.

Fruit contrarié, tavelé par une éducation irrespectueuse de ma nature, bonzaï contrefait sous le joug d’une pensée terroriste affectueusement terrorisante, je n’aurais pas assez de ma vie pour redresser mes branches vers leur orientation naturelle qui d’ailleurs, sans doute n’existe plus.

Que me souhaiter alors en cette aube d’année 2013, puisque m’estimant, bon an, mal an, m’être libéré de mes entraves les plus conséquentes, j’entends dire adieu à la prison d’une enveloppe obsolète et saluer mon débarquement sur terre ? Atterrissage devrais-je dire, car c’est plus en orbite autour de moi-même, que sur une mer infinie, que j’ai été séquestré et modifié par cette éducation intempestive ou pour le moins, inappropriée. Il en restera bien entendu toujours des scories visibles, j’en suis conscient, mais peu importe, elles ne constituent que l’écume des choses.

Pas de triomphalisme pour autant ; si 2013 est pour moi, l’année de la libération, elle est surtout l’achèvement d’un long processus, dont les premières bribes d’éveil à la conscience se révélèrent il y a 20 ans avec la réalisation d’un film vidéo intitulé « Les Animaux décousus ». Cette aventure solitaire de plus de deux ans de tournage et de montage fut celle par laquelle je m’octroyais pour la première fois l’occasion d’appréhender mon corps. Cette permission arrachée à la censure qui maintenait mon psychisme sous bonne garde, fut, à ce jour, le cadeau le plus généreux que je me fis. Je rapportai de ce premier périple un trophée que je porte aujourd’hui encore, non pas autour du cou mais bien comme un porte bonheur, mon pénis, preuve vivante de mon existence physique dans le monde tangible. Si je n’avais qu’un pouvoir limité sur les événements, j’avais néanmoins celui de bander et il m’apparaissait alors que ce simple « geste » recelait pour un garçon, bien plus qu’une fonction sexuelle ou reproductrice. C’était une expression simple et oubliée de la joie d’être vivant, bien plus qu’une symbolique guerrière à laquelle il était trop systématique de l’associer. Je parle ici du pénis, de cet organe réel avec lequel nous vivons nous, garçons, au quotidien, tout comme les filles avec leur vulve et ses multiples états ;  et non du phallus.

Trop ignorant en philosophie pour m’aventurer plus avant, je stopperais ce post à ce constat si simple que je fis alors, qu’être vivant était être désirant, mais non sans en avoir tiré quelque substance pour mes vœux de nouvelle année. Car si je ne compte pas me priver de m’en faire aussi le bénéficiaire, c’est à vous, lecteurs/trices de passage, ami/es, sympathisant/es, spectateurs/trices, partenaires de toutes espèces et coreligionnaires humain/es que je dédie cet exposé et petit partage de mes états.

Je nous souhaite donc un bonheur sage, une liberté agissante, un désir de vivre et d’Être puissamment compris. Parce que la vie n’est quand même pas une anecdote pour laisser passer inconsidérément chaque instant à la moulinette de sa propre négligence. Parce que ce serait dommage de mourir sans avoir testé les limites de son moteur. Parce que vivre ne se limite pas à regarder se dérouler ses aspirations en rêve en se laissant imposer celles d’autrui dans le réel. Parce que les structures de son imaginaire propre gagnent à être bien analysées pour donner corps à un désir clair et que rien n’est plus bénéfique pour l’être que de concrétiser les aspirations d’un désir bien compris.

Il nous faut donc souhaiter agir et en premier lieu sur nous-mêmes et nos a priori, car toutes les vies sont envisageables et nous avons le pouvoir de les faire exister au moins en représentation à nos yeux, même si aucun de nous ne pourra jamais les vivre toutes. Et c’est bien la qualité et la nature de ces représentations et des fantasmes qui leur sont adjoints qui posent problème. Commençons donc par nous figurer aussi concrètement que possible toutes les représentations de toutes les variétés humaines, sexuelles, comportementales, culturelles et ethniques : pédés, gouines, bi, hétéros tout ce qu’il y a de straight, amish flanqués de 12 enfants, enfants eux-mêmes, handicapés, malades et vieillards, mais aussi fascistes belliqueux, pédophiles honteux, criminels de tous poils, femmes, hommes, noirs, blancs, arabes, indiens, asiatiques … stop !

Oui, aussi difficile que cela paraisse et quels que soient nos avis, si tant est qu’ils soient véritablement les nôtres ; quelles que soient nos répulsions, nos dégoûts, croyances et attirances, nous pourrions tenter, en guise de vœux, souhaiter pouvoir de temps à autres - au détour d’une réflexion hâtive, aux prémices d’une pulsion regrettable - avoir l’aptitude d’entrer pour quelques minute dans la peau de l’autre. Non pour se flageller d’être qui on est, mais pour simplement dissocier nos nécessités et leur impératif besoin de prévaloir, de l’idée d’une  abusive morale qui s’auto sanctifierait comme étant légitime et bonne en soi.

Si chacun/e doit se battre pour défendre son camp ; que se soit fait proprement et de manière intellectuellement honnête. Ça ne suspendrait pas les luttes, mais ça pourrait les rendre plus tolérables à mener.

La joie, il est vrai, est elle aussi très relative selon le point de vue de qui la ressent. Mais exprimer l’essence de ce que nous sommes avec moins d’hypocrisie et de tabou au quotidien contribuerait aussi à favoriser la clarté en chaque individu et par la même, une meilleure « ambiance » globale. Au prix de quelques introspections et d’un peu d’irritation sociale (« euphémisme! » eût dit feu Maître Capello), les évolutions se feraient par cercles de proximité et percerait plus naturellement le rempart des familles dont jamais rien ne doit filtrer au dehors. Ces fameuses familles, qu’on voudrait refuser le droit de créer à d’autres groupes sociaux que la « norme » au nom d’une suprématie bien difficile encore à identifier, ce sont elles qui détiennent, dans tous les pays du monde et bien plus que les gouvernements, le pouvoir de ne pas phagocyter l’enfance et donc de générer des individus sains parce que non modelés de force. Le plus vaste et opérant des camps d’entraînement propagandistes, ne l‘oublions pas, ne se trouve pas au Pakistan ou au Maghreb. Il est au cœur de chaque « cellule » familiale de chaque famille « nucléaire ». Tant de foyers oui, pour combien d’incendies volontaires à l’intérieur de combien d'individus torturés ? Alors pour 2013, je formule également le souhait que la famille telle que nous la connaissons, entame enfin, comme cela se dessine peut-être, sa libération. Pour le reste, je garde un peu de mes vœux pour l’année prochaine …

Bonne année donc.